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| | La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] | |
| | Auteur | Message |
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Messages: 52 Date d'inscription: 30/12/2010 Age: 14 Localisation: Inconnue à la Terre, je me perds dans les nuages.
 | Sujet: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Sam 8 Jan - 22:42 | |
| - Clip, Clap. Clip, Clap.
Le bruit de mes chaussures heurtant à intervalles régulier le sol pavé résonnait dans l’obscurité. Je me sentais terriblement seule, perdue dans la pénombre. Je ne remarquais pas âme qui vive, pas une personne, pas un oiseau. Pas un chat.
La nuit, tous les chats sont gris. Dans une rue déserte d’un quartier peu fréquenté de Charleston, la nuit étendait son territoire. Les murs se confondaient, l’obscurité était aussi épaisse que le brouillard un matin de septembre. La lune était loin d’être pleine, et je ne voyais aucun lampadaire/lumière/autres objets lumineux dans les environs. J’avançais presque à tâtons, buttant sur un pierre une fois sur trois, hésitante. Et je flippais.
Et les conseils de mes « amies » de l’école d’Art, quoi que collègues serait plus adapté, n’étaient pas pour m’aider. A la sortie des cours, les « Attention, Coleen, c’est pas bien fréquenté par là », « Prends un autre chemin, se serait plus raisonnable » ou encore « C’est pas un endroit pour toi » s’étaient multipliés. Sauf que j’avais une fichue fierté et que j’avais envie de montrer que je faisais exactement ce que je voulais. Manque de bol, pour une fois, j’aurais peut-être du la fermer.
Et puis, encore un petit manque de réflexion m’avait coûté cher. En hiver, la nuit tombait tôt ; et vite. En ce début de mois de janvier, alors que je j’espérais que le soleil me garde en sécurité, j’avais omis ce petit détail ; il avait rapidement fait noir. En même temps, jamais je n’aurais du compter sur l’astre rayonnant pour veiller jusqu’à mon retour. J’étais déjà assez surprise de ne m’être perdue. J’étais plutôt une habituée : il me fallait bien me l’avouer, mon niveau d’orientation se situait plus bas que terre.
Je ne pensais plus qu’à une chose. Rentrer, au plus vite. Accélérant la cadence, bien que cela multiplie mes chances de me ramasser lamentablement, je filais sans vraiment regarder autour de moi, fixant mon regard sur le sol pour essayer de discerner les cavités du sol. Je sais que j’aurais du demander, pour Noël : des rues goudronnées.
Du bruit m’alerta : je relevais la tête. Un bâtiment, situé à trois-cents mètres de là, semblait surmonté d’une petite insigne lumineuse. Je pris la décision de m’y rendre, le temps de m’y rassurer un peu, avant de reprendre ma route.
Une fois que je fus à une trentaine de mètres de ma destination, je dus me stopper net. Plongée dans mes pensées, je n’avais pas aperçu l’homme qui, à présent, me faisait face. Titubant légèrement, l’air pas très amen, il s’approchait de moi avec une expression qui exprimait tout, sauf de la bienveillance. Message compris : faire demi-tour, et vite.
J’ai brusquement tourné les talons, et retins un petit cri. L’homme n’était pas seul ; il y en avait trois autres, qui s’étaient fait fort de m’encercler sans que je ne m’en rende compte. Je relevais la tête : l’insigne indiquait « Big John’s Cavern ». Un bar. Ceci expliquait cela ; la bande venait probablement de se saouler un coup. Mais en attendant, j’étais dans la m**de.
Pourquoi ce groupe venait-il s’en prendre à moi, par ailleurs ? Je ne portais aucun objet de valeur. Peut-être parce qu’en bonne petite hippie, j’étais parfaitement habillée dans le style des années 80, à savoir pattes d’F flashis et tenues légèrement extravagante. Les racailles n’étaient pas pour les hippies, c’était bien connu. De plus, et cela se voyait au premier coup d’œil, j’étais loin de pouvoir me défendre. En fait, j’étais « the » victime idéal.
Paniquée, je commençais à trembler, cherchant vainement une solution pour me tirer de là.
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Messages: 180 Date d'inscription: 24/11/2010 Age: 16
 | Sujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Dim 9 Jan - 1:06 | |
| Ça faisait une bonne demi-heure que Ray roulait à moto dans Charleston, il s'était fais une journée "shopping" et en était plutôt heureux, il s'était réapprovisionné en long manteaux, s'était achetés des bonnes baskets blanches confortables, avait récupéré sa guitare, puis il était allé manger chez un ami. Un chef cuisinier à la retraite, et il s'était régalé. Bref, une merveilleuse journée. Plus qu'une petite bière à la Big John's Tavern et le rêve serait complet. En passant il fit un petit tour à la Fac de Médecine et écrivit au marqueur indélébile sur la porte "Erina fait des cochonneries au: 555-698-358". Il se mit à rire tout seul. Ceux qui téléphonerais à ce numéro en aurais pour leur argent. C'était un numéro surtaxé "Téléphone Rose sado-maso". Et en plus ça allait mettre son ennemie jurée en rogne.
Il remonta sur sa moto, mit les gaz et fonça droit vers sa taverne préférée, il sentait déjà le gout de la bière dans sa bouche, la légère ivresse qui allait s'emparer de lui. Il n'était pas vraiment alcoolique, mais c'est vrai qu'il buvait pas mal. Bah qu'importe, il était encore assez jeune! Fallait qu'il s'amuse!
Il gara sa moto dans une rue proche de la Taverne et déposa un écriteau dessus.
"Y'as pas d'antivol, mais touche à cette moto et le grand barbu qui a fait un scandale au Starbucks, il va venir te péter ta gueule"
Au moment où il s'apprêtait à rentrer dans la Taverne il entendit un faible
-Laissez moi passer! S'il vous plait.
Il courut directement vers la source du bruit, une petite ruelle sombre. Il savait qu'en général ce genre de phrases signifiait qu'une agression aller avoir lieu. Il vit un jeune de dos, rien qu'a voir ses vêtements (jogging et sweat à capuche) on savait que c'était une racaille. Devant lui une jeune fille très jolie, genre hippie, semblait effrayée. Derrière elle se tenait trois autres mecs du même acabit que le premier. Et leurs intentions ne faisait aucun doute. Ray s'approcha du premier, posa la main sur son épaule et le retourna brusquement. Aussitôt un immense sourire naquit sur ses lèvres. Il reconnaissait ce gars. C'était un des rappeurs qu'il avait tabassé dans le hall de l'immeuble. A en juger par la soudaine pâleur de son visage, le jeune aussi avait reconnu Ray.
-Euh....B'soir m'sieur. Z'allez bien depuis la dernière fois?
Ray le saisit à la gorge, toujours en souriant, et le souleva légèrement.
-Ça va bien et toi? Qu'est ce que tu veux à la demoiselle? Je suppose que tu lui proposait simplement de la raccompagner chez elle. En bon gentleman.
Le jeune commençait à virer au bleu, il articula:
-Oui m'sieur. La raccompagner. On est gentlemens à donf. Pouvez m'lâchez sauf vot' respect?
Ray le lâcha.
-Maintenant toi et tes gonzesses vous allez gicler de là vite fait. Ou c'est votre tête qui gicle.
Toute la bande fila sans demander son reste, laissant la jeune fille complétement perdue. Ray s'approcha d'elle, c'était visiblement une artiste. Elle avait de la peinture sous les ongles. Il posa doucement la main sur son épaule.
-Ça va mademoiselle? |
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Messages: 52 Date d'inscription: 30/12/2010 Age: 14 Localisation: Inconnue à la Terre, je me perds dans les nuages.
 | Sujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Dim 9 Jan - 9:49 | |
| - J’étais totalement encerclée. Je mourrais de peur et d’envie de hurler. Mais que me
ferait cette bande de brute, si je sonnais l’alarme ? Non, c’était bien trop risqué. Et avec la si faible masse de muscle dont je disposais, je serais tout juste à même de mettre une baffe au premier venu, qui serait de plus totalement sans conséquence…
- Laissez moi passer, s'il vous plait…
Mais bien sûr, Coleen, comme si cela allait y changer quelque chose… Bien au contraire, les quatre individus se rapprochèrent. Doucement. Imperceptiblement. Juste assez pour m’en donner mal au ventre. Mon regard allait de l’un à l’autre, affolé. Une bande de racaille qui agresse quelqu’un ne fait pas de cadeau. Je n’osais imaginer le résultat avec une bande de racaille bourrés.
Avec l’énergie du désespoir, je priais une dernière fois. Envers un dieu en lequel je en croyais pas, certes. Mais je priais quand même. Et pour la première fois de ma vie, j’ai eu envie de croire en Dieu, qui que fut celui-ci. En effet, suite à ma prière silencieuse, un inconnu barbu fit son apparition. Il ne mit pas longtemps à passer à l'action : en moins de deux, il empoigna le premier, le saisissant par la gorge. Surprise, je vis les pieds de mon agresseur quitter lentement le sol. -Euh....B'soir m'sieur. Z'allez bien depuis la dernière fois?
Oh. Lui et le barbu semblaient se connaître. Et en jugé de la couleur blanchâtre que prenait peu à peu son visage, ce n'était pas forcément en bien. Ce qui n'était pas une mauvaise chose, dans la situation présente. -Ça va bien et toi? Qu'est ce que tu veux à la demoiselle? Je suppose que tu lui proposais simplement de la raccompagner chez elle. En bon gentleman. -Oui m'sieur. La raccompagner. On est gentlemens à donf. Pouvez m'lâchez sauf vot' respect?
Des gentlemen. Ben voyons, on aura tout entendu. Ceci dit, je commençais tout de même à m'inquiéter de la santé de la raquaille qui semblait véritablement toute petite à côté de l'homme inconnu. Son visage passait rapidement du pâle au violacé : la main du barbu n'avait pas déséré son étreinte. Non pas que je portais mon agresseur dans mon coeur : seulement, inutile de faire un mort. Heureusement, l'inconnu ne tarda pas à le relâcher. -Maintenant toi et tes gonzesses vous allez gicler de là vite fait. Ou c'est votre tête qui gicle.
Oh. Cela avait le mérité d'être clair, net, et précis. La bande de racailles comprit rapidement les messages, et chacun de ses membres s'enfuit sans demander son reste. Je pus enfin soufflée, rassurée. Quoi que... Si le grand barbu m'avait sauvé la vie, il me faisait quand même flipper, lui aussi. Apres tout, il avait faillis démonter quelqu'un devant moi... Ceci dit, je n'avais pas à me plaindre. Car s'il n'était pas intervenu, ce serait moi qui serait en train de me faire démontée en cet instant présent.
- Ça va mademoiselle ? demanda l'inconnu en posant une main sur mon épaule.
Message reçu, je n'avais pas à avoir peur, au contraire. Je pris une inspiration pour calmer mon coeur qui battait la chamade suite à mon agression, et jetais un sourire de remerciement à mon interlocuteur.
- Ca peut aller, j'ai juste eu un peu peur...
Un peu. Tu parles. J'étais carrément morte de trouille. Mais rien ne servait de le crier sur tous les toits, hein ? J'admirais réellement l'homme qui me faisait face. Moi qui déplorait chaque jour un peu plus mon manque de capacité pour me défendre, celui-ci avait en quelques secondes réussi à faire fuir une bande de racaille. Pour ma part, j'étais malheureusement bien plus habile dans l'art de magner mon pinceau que mes poings.
- En tout cas, merci bien. Je en sais pas comment tout cela se serait terminé sans vous. Mon agresseur semblait vous connaître, je me trompe, Monsieur... ?
Tant qu'à faire, autant apprendre le nom de mon sauveur. Il n'allait tout de même pas se résumer au "barbu" jusqu'à la fin de mes jours, tout de même....
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Messages: 180 Date d'inscription: 24/11/2010 Age: 16
 | Sujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Lun 10 Jan - 8:50 | |
| La jeune hippie respira un grand coup, elle était sans doute extrêmement choquée. Normal. Elle venait de se faire agresser et si Ray n'avait pas était là, ça aurait sans doute mal tourné, très mal. Ces types étaient surement des dealers, habitués aux bastons. Si Ray ne leur avait pas déjà infligé une monstrueuse volée ils l'auraient sans doute poignarder avant de s'en prendre à la fille.
- Ça peut aller, j'ai juste eu un peu peur...
Oui, évidemment. Au moins elle ne s'en cachait pas.
- En tout cas, merci bien. Je en sais pas comment tout cela se serait terminé sans vous. Mon agresseur semblait vous connaître, je me trompe, Monsieur... ?
Encore une jolie fille qui demandais son nom. Décidément, il avait du succès. Il la regarda droit dans les yeux, tira un peu sur sa barbe et d'une voix profonde il dit (avec humour)
-O'Thaed. Ray O'Thaed. Écrivain et justicier pour les pauvres damoiselles en détresse.
Il saisit délicatement la main de ladite damoiselle et lui fit un léger baisemain. Il s'amusait comme un fou. La fille avait l'air naïve, elle le regardait avec des grands yeux bleus étonnés, il sourit.
-Et vous, je ne connais pas votre nom, mais je peux affirmer que vous êtes une étudiante en Art, et que vous faites de la peinture à l'huile.
Les yeux de la fille s'agrandirent encore. Ray la trouvait charmante. Puis il se souvint brusquement que la pauvre venait de subir un choc. Il se redressa.
-Peut-être avez vous besoin d'un remontant? |
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Messages: 52 Date d'inscription: 30/12/2010 Age: 14 Localisation: Inconnue à la Terre, je me perds dans les nuages.
 | Sujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Mer 12 Jan - 10:39 | |
| - J’observais plus précisémetn mon interlocteur, en attente d’une réponse. Grand, large d’épaules, il était assez impressionnant. A vrai dire, avec ma carrure si fine, je ne m’étais jamais sentie aussi petite. Et pourtant… je ne me sentais pas en danger. Non, pas du tout. La grand barbu venait de me tirer des griffes d’une bande malfaisante, et bien que cela puisse sembler un peu naïf, je lui accordais d’ores et déjà ma confiance.
- O'Thaed. Ray O'Thaed. Écrivain et justicier pour les pauvres damoiselles en détresse.
Étais-je donc vraiment cette pauvre demoiselle en détresse ? Néanmoins, mon sauveur n’avait pas tort. Sans aucun moyen de défense, j’en étais réduit à la passivité de Blanche-Neige. Et cela me tapait sur les nerfs, moi qui ne rêvait que d’être semblables aux héroïnes des livres Fantasy que je dévorais à longueur de journées.
Je lâchais échapper un petit rire suite à cette petite présentation, qui acheva d’abattre mon hésitation. C’était un rire assez libérateur, qui repoussait à lui seul toute l’angoisse qui m’avait envahie quelques minutes plus tôt.
- Et bien, heureuse de faire votre connaissance, lançais-je en tendant une main amicale.
A ma grande surprise, plutôt que de me serrer la main comme je m’y attendais, Ray la saisit pour me faire un petit baisemain. J’ouvris de grands yeux, surprise ; si ce genre de cérémonie ne me déplaisaient pas–, je les trouvaient relativement amusantes et chevaleresques-, je n’y étaient pas habituée, loin de là.
- Hum… Quel type de livres écrivez-vous ? Je serais bien intéressée d’en feuilleter un, j’aime beaucoup la littérature.
En attendant, Ray avait déjà repris.
-Et vous, je ne connais pas votre nom, mais je peux affirmer que vous êtes une étudiante en Art, et que vous faites de la peinture à l'huile.
Seconde surprise. Comment mon interlocuteur faisait-il pour en savoir tant sur moi ? J’étais assez perdue. Suite aux diverses émotions qui m’avaient parcourues en si peu de temps –peur, amusement et surprise-, je commençais à perdre un peu le nord, l’heure tardive ne jouant pas en ma faveur. En retirant doucement ma main de celles de Ray, je compris : des résidus de peintures, que je n’étais pas parvenue à retirer en sortant des cours, s’étaient logés sous mes ongles.
- Mon nom est Coleen Karry, et je suis effectivement étudiante en Art… Et bien, je dois avouer que vous avez le coup d’œil.
Soudain, Ray se redressa. Peut-être s’était-il aperçu à quel point j’étais destabilisée par les récents évènements ; je en cherchais pas spécialement à le cacher non plus, trop fatiguée pour cela. Mais j’étasi tout de même assez surprise. Dans mon petit village du Quebec, jamais je n’avais connu ni entendu parler d’agressions. Ce nouveau manque de sécurité à Charleston m’inquiétait quelques peu.
-Peut-être avez vous besoin d'un remontant?
J’haussais un sourcil. Un… remontant ? Que voulait donc dire Ray ?
-Que voulez-vous dire par… remontant ? demandais-je avec une petite moue d’incertitude.
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Messages: 180 Date d'inscription: 24/11/2010 Age: 16
 | Sujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Ven 14 Jan - 10:03 | |
| La fille le regardait maintenant avec un air un peu méfiant, elle avait sans doute mal compris sa proposition.
-Que voulez-vous dire par… remontant ?
Ah bah oui. Elle avait pas compris. Comment expliquer à une ado qu'on veut l'inviter à boire un verre uniquement pour qu'elle se remette de ses émotions et pas pour la draguer... Bah, on la joue innocent. Ray se fendit d'un grand sourire façon "Papa Ours" et dit joyeusement.
-Bah, un petit verre. Pour se remettre un peu. Ou si tu es mineure...euh...un chocolat chaud?
Voyant qu'elle n'était toujours pas convaincue, il arrêta de lui sourire comme à une gamine et repris une expression plus grave. C'était sans doute le côté naïf de la jeune femme qui l'avait incité à lui parler comme si elle avait douze ans.
-Non, écoutez, sérieusement. Je propose que nous allions boire un verre à la Big John's, histoire de faire passer un peu cette sale histoire. Ne voyez aucune avance particulière dans mes propos.
Il fit un petit signe de tête à....Coleen? Oui, c'est ça, Coleen. Et se dirigea vers l'enseigne lumineuse. La jeune étudiante le suivit sans hésiter. Elle avait une lueur bizarre dans les yeux. Comme un genre...euh? D'admiration? En tout cas, elle ne semblait pas être effrayée par lui. C'était la deuxième personne qu'il rencontrait lors d'une bagarre contre des rappeurs/racailles. La première s'était montrée exécrable. Fallait voir pour la deuxième. D'un autre côté celle là ne l'avait pas menacée avec un scalpel.
Ils entrèrent ensemble dans l'atmosphère enfumée du bar et s'assirent à une table libre. Ray se tourna vers la jolie hippie:
-Alors, expliquez moi ce que vous faisiez dans cette rue en pleine nuit? |
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Messages: 52 Date d'inscription: 30/12/2010 Age: 14 Localisation: Inconnue à la Terre, je me perds dans les nuages.
 | Sujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Sam 15 Jan - 20:32 | |
| La proposition de Ray ne me convainquait pas ; j’étais douteuse. En même temps, je venais d’avoir connu une grande angoisse, et qui n’avait pas eu le temps de totalement s’évaporer. Message compris ; j’allais marcher en mode paranoïaque quelques heures, le temps de me remettre de mes émotions.
En attendant, Ray avait totalement changé d’attitude. Un grand sourire genre « Papa Noël » vint se peindre sur son visage, avant qu’il ne commence à me parler de la même façon qu’il l’aurait fait à une enfant.
-Bah, un petit verre. Pour se remettre un peu. Ou si tu es mineure...euh...un chocolat chaud?
Mineure ? Comment ça, mineure ? Enfin, pour le coup, je pouvais comprendre mon interlocuteur. Il avait, quoi, 10 ans de plus que moi ? A deux ans près, on pouvait avoir des doutes sur mon âge.
M’enfin. Quoi qu’il soit, un pris un air faussement indigné ; j’étais peut-être beaucoup plus jeune que lui, mais je n’avais touty de même pas 10 ans. Heureusement, Ray se reprit rapidement.
-Non, écoutez, sérieusement. Je propose que nous allions boire un verre à la Big John's, histoire de faire passer un peu cette sale histoire. Ne voyez aucune avance particulière dans mes propos.
Cette simple phrase me rassura quelques peu.
- C’est d’accord, allons-y, dis-je avec un sourire.
Je suivis donc le barbu jusqu’à l’entrée du bar, et esquissais une petite moue étrange. Je n’étais jamais entrée dans un bar. Pas l’occasion, pas spécialement l’envie. Je savais que mon père y allais régulièrement, avant que je ne quitte ma ville de Québec ; il y jouait aux jeux de hasards, pariait des sommes d’argent dont il ne disposait même pas. Un jour, il avait eu la chance de gagner une somme de quelques millions, un bon paquet largement suffisant pour rembourser les dettes, vivre à l’aise et m’envoyer enfin faire les Etudes d’Art que je souhaitais. Mais malgré cela je n’avais gardé que l’appriori de mon père misant les maigres économies de la maison, et le simple fait d’entrer dans un bar me mit mal à l’aise ; cependant je n’en montrais rien, et m’asseyais à une table libre en face de Ray.
-Alors, expliquez moi ce que vous faisiez dans cette rue en pleine nuit?
Oh. Il allait donc falloir que j’explique la fichue idée qui m’avait menée à me rendre jusque dans les mauvais quartiers de Charleston ; et la fichue envie de montrer aux autres que leurs avertissement, je m’en fichais pas mal.
- Et bien… j’avais entendu parler d’un chemin plus court pour rentrer chez moi. A l’école d’Art, tout le monde me savait parfaitement incapable de me défendre en cas de problème, et tous m’ont conseillés de prendre mon chemin habituel. Sauf que… et bien, j’en avais assez d’être prise pour une gamine, et que j’ai pris le chemin quand même.
Ouch. C’était exactement le genre de chose que je n’aimais pas avouer. En quelques phrases, j’avais résumé le fait que j’étais totalement sans défense et que je n’en faisais qu’à ma tête.
- Et le pire, c'est qu'ils avaient raison, marmonnais-je avec une moue de dépit et un soupir.
Ray, lui, pouvait se ballader où il voulait sans qu’on lui cherche des noises. Barraqué comme il était, cela pouvait se comprendre ; il pourrait mettre K.O n’importe qui. Et je l’admirais pour ça.
En attendant, je me rappelais un petit détail. Visiblement, mon interlocuteur et la bande de racailles n’en étaient pas à leur première rencontre… J’étais sérieusement curieuse d’en savoir plus. Je ne voyais pas le barbu traîner avec eux, après tout.
- Et, hum… Allez-vous m’expliquer pour qu’elle raison la bande semblait vous connaître ?
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Messages: 180 Date d'inscription: 24/11/2010 Age: 16
 | Sujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Sam 22 Jan - 1:10 | |
| [HJ, tu sais qu'aux USA la majorité est de 21 ans. C'est normal que Ray ai cru qu'elle était mineure. XD]
Ray leva les yeux au ciel, exaspéré par la réponse de Coleen. Nan, mais c'est vrai, on passe pas par une ruelle sombre, en pleine nuit, à plus forte raison quand on est une jeune fille, hippie, peace and love et qu'on sait pas se défendre.
-....Et le pire, c'est qu'ils avaient raison.
La pauvre avait l'air toute triste de ce constat. Ray ne fit aucun commentaires et commanda deux bières. Il avait plus ou moins perdu sa bonne humeur.
- Et, hum… Allez-vous m’expliquer pour qu’elle raison la bande semblait vous connaître ?
Pas de réponse... Soudain, un éclair joyeux dansa dans les yeux de l'Irlandais, suivi par une sorte de sifflement nasal, puis ses joues se gonflèrent brusquement...et il éclata de rire. Coleen avait l'air franchement surprise, limite inquiète, mais il s'en fichait. Le souvenir qu'il gardait de cette soirée était trop drôle pour qu'il puisse se retenir de rire. Quand il eu retrouvé un semblant de calme et que les clients eurent cessés de les observer bizarrement, Ray repris la parole.
-Et ben, en fait... J'étais dans mon appart, je me reposais tranquillement en écrivant et en buvant un scotch et d'un coup j'ai entendu du rap dans le hall. Je suis descendu avec un poing américain et je leur ai démoli la face. En rencontrant au passage une jeune furie qui se prétend apprentie médecin. Je pourrais tout te raconter dans les détails mais je doute que ça t'intéresse.
Boit une bonne gorgée de bière. Et manque de s'étouffer en repensant à la tête de la racaille quand il l'avait reconnu.
-Bref, voilà. C'est comme ça que je les ais connu. Et c'est pour ça qu'ils ont très peur de moi.
Il sortit un billet de sa poche et le posa sur la table.
-Tu habites où? Il vaut mieux que je te raccompagne peut être?
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Messages: 52 Date d'inscription: 30/12/2010 Age: 14 Localisation: Inconnue à la Terre, je me perds dans les nuages.
 | Sujet: Re: La nuit, tous les chats sont gris [PV Ray] Jeu 27 Jan - 8:53 | |
| - Suite à mon récit, je remarquais que Ray s’était défait de sa bonne humeur et semblait limite exaspéré, probablement par mon comportement stupide qui m’avait poussé à m’aventurer dans ces ruelles. Je soupirais. Bien que je n’ai aucune excuse, tout n’était tout de même pas ma faute ! Dans les environs de mon ancienne habitat, nous nous connaissions tous. Aucun danger de pesait sur nous ; nous pouvions sortir à n’importe qu’elle heure de la journée et de la nuit. Enfin, la nuit, je la laissais tout de même aux plus courageux que moi…
En bref, je décidais de passer vite ce sujet et posais donc la question qui me brulait els lèvres depuis un instant ; mais la réponse ne vint pas tout de suite. Quelques mimiques étranges passèrent sur le visage de mon interlocuteur, avant que celui-ci n’éclate franchement de rire. Je l’observais un instant, surprise… Et même un peu inquiète. Cette réaction était loin de toutes celles que j’aurais pu imaginé ; je m’écartais un tout petit peu du rebord de la table, légèrement anxieuse. Heureusement, ce comportement ne dura pas longtemps, et bientôt le barbu reprenait son calme avant de me répondre.
-Et ben, en fait... J'étais dans mon appart, je me reposais tranquillement en écrivant et en buvant un scotch et d'un coup j'ai entendu du rap dans le hall. Je suis descendu avec un poing américain et je leur ai démoli la face. En rencontrant au passage une jeune furie qui se prétend apprentie médecin. Je pourrais tout te raconter dans les détails mais je doute que ça t'intéresse.
Tout cela n’était pas pour me rassurer… En même temps, il fallait me comprendre : les expressions du genre « démoli alf ace » ou encore « poing américain » n’étaient pas spécialement pour me mettre à l’aise. Cachant aux mieux mon incertitude, je ne pus néanmoins empêcher mes sourcils de se froncer discrètement.
- Oh, je… je vois, me contentais-je de dire d’un ton neutre, bien que je n’en pense pas moins.
-Bref, voilà. C'est comme ça que je les ais connu. Et c'est pour ça qu'ils ont très peur de moi.
J’acquiesçais d’un hochement de tête. De son côté, Ray buvait une gorgée de bière et manqua de s’étouffer avec. Je ne savais pas réellement à quoi il pensait, mais je me doutais bien que cela avait un rapport avec l’épisode qu’il venait de conter. Malgré mes efforts, je ne parvenais à comprendre ce qu’il y avait de si hilarant à écraser quelqu’un.
En attendant, mon interlocuteur sortit un billet de sa poche et les déposa sur la table. Je les repoussais vers lui et sortais moi-même un billet de ma poche, le posant à mon tour sur la table.
- C’est moi qui paye. Je pense que le fait que vous m’ayez sauvé la vie vaut tout de même bien un simple billet, même si je serais d’avis à penser plus.
Bref, j’avais mis toute la détermination dont j’étais capable dans ma voix. Cela ne s’avérait aps frocément concluant ; enfin, cela, se sera à Ray d’en juger. Quoi qu’il en soit je n’en démordrais pas ; qu’il le prenne bien ou mal, c’est moi qui payerais les deux bières.
En attendant, je remarquais que Ray avait déjà enchaîné.
-Tu habites où? Il vaut mieux que je te raccompagne peut être?
Je lâchais une petite griamce. Le fait de devoir être raccompagnée comme une enfant n’était pas pour me plaire ; je savais à quelle point j’étais dépendante des autres, et réalisais de façon plus prononcée que je souhaitais voler de mes propres ailes. Espérance qui ne sera probablement jamais réalisable, vu le sans que je donnais à « voler de mes propres ailes » : circuler librement, sans avoir besoin d’un « Papa Ours » pour s’assurer que personne ne m’agresse/ne tente de m’agresser, par exemple.
- J’habite dans le nouvel immeuble de la ville, pas loin… Si ça ne te gêne pas, j’accepterais bien ton compagnie.
Oui, parce que malgré mon envie de savoir me débrouiller seule… je flippais. D’autant plus après ce qui venait de m’arriver. Je n’étais pas prête à m’envoler, ce soir : ce serait pour demain. Demain, sur l’échelle de l’Histoire, ce n’était pas grand chose ; peut-être plus sur l’histoire de ma vie, mais après tout, je n’étais pas à un jour prêt.
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